Au détour du chemin

- 15 janvier 2010 -

Boule de fort et tire-bouchon
(Roger Fasilleau, Morannes)

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La boule de fort est un sport-loisir qui se pratique essentiellement dans la partie ouest de la France, en Anjou. Roger Fasilleau fait partie des quelques artisans qui fabriquent les boules de fort. Une passion pour lui : il a abandonné son métier de postier pour devenir facteur de boules et cela le comble. Les boules de fort qui sortent de son atelier à Morannes sont en bois et en plastique. Avec les chutes de bois (gayac, frêne ou cormier), Roger réalise divers objets : pendules, trophées, porte-crayons, tirelires... et tire-bouchons.
En parodiant un air connu pour ce début d'année 2010, on pourrait lui chanter : "Tire-bouchon, boule de fort et bonne année Roger " !

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Le tire-bouchon boule de fort

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Rien ne se perd, tout se transforme. Les chutes de cormier, gayac ou frêne deviennent, entre autres, des tire-bouchons. De taille moyenne -un peu plus de 10 cm- et assez lourd -un peu plus de 210 gr- , sa vrille (non marquée) provient de chez Laurent Siret, à Rochefort-sur-Loire. Sur le dessus, Roger Fasilleau a gravé : "FBF 2009" (FBF pour Fabrique de Boule de Fort).

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ensemble-gadgetsL'art d'utiliser les chutes (photo FBF)

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Qu'est-ce que la boule de fort ?

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siguot jacquesIl existe près de 400 sociétés de boules de fort réparties sur six départements (dont plus de 300 dans le Maine-et-Loire), sur le périmètre de l'ancienne province d'Anjou. Cela représente un peu plus de 50 000 joueurs. "Ce sport-loisir est un des rares qui se pratique en chausson et qui est accessible aux jeunes comme aux moins jeunes. La boule de fort est née il y a trois siècles sur les bords de Loire", raconte l'historien Jacques Sigot. "Beaucoup de légendes circulent sur ce loisir qui utilise des boules même pas rondes sur un sol qui n'est même pas plat. Ce qui est certain, est qu'il est aujourd'hui le patrimoine vivant de la culture angevine."
La première société de boules de fort date de 1729 et se situait à Saint-Maturin-sur-Loire. Entre ce village et celui de La Ménitré, il y avait alors 217 moulins. Ces moulins fonctionnaient avec des billes en gayac qui baignaient dans de l'huile de lin. Ces billes s'usaient irrégulièrement. "On dit que les prisonniers espagnols, qui creusaient les bords de Loire pour relever la terre, jouaient avec ces billes qui pesaient très lourd (on parle de 10 kilos)." La boule ferrée date de 1845 : "Peut-être pour qu'elle roulent mieux ou qu'elles n'éclatent pas quand on les lançe", pense l'historien.
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"C'est en 1952 que les femmes ont été admises. Le premier concours uniquement féminin a eu lieu en 1994. Elles font partie maintenant des sociétés, même si elles restent minoritaires."
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La piste de ce jeux - longue de 18 à 24 m et large de 5 à 6 m - est en forme de gouttière. A l'origine, elle était réalisée avec une terre sabloneuse particulière provenant des bords de Loire. Aujourd'hui, la presque totalité des jeux est en résine synthétique, excepté quelques rares sociétés qui perpétuent la tradition.
"Il faut bien calculer la vitesse nécessaire pour pousser sa boule. Pour "tirer", on s'aide de la pente sur le côté pour lui donner la vitesse."
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"Aller à Brion" est l'équivalent de "faire Fanny". "Cela vient du début du siècle. A la fin d'une partie dans une société de Brion, la concierge, peu farouche, avait relevé ses jupons pour que les perdants embrassent sa partie charnue. Un concours avec les perdants de diverses sociétés est depuis organisé tous les ans et le vainqueur est intronisé dans la Confrérie des Brionneux.
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Cette Confrérie des Brionneux s'ennorgueillit aussi d'être présente dans le livre des records. L'emblème de leur société est une boule de fort géante de 83,44 cm de diamètre et pèse 182, 72 kilos.
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Facteur de boules

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1-Roger-Fasilleau_courrierdelouestDepuis très longtemps j'avais envie de me mettre à mon compte, de faire quelque chose de mes propres mains." Soif d'indépendance, passion pour les machines outils. Cela peut expliquer pourquoi Roger Fasilleau a quitter son emploi de facteur pour devenir fabriquant de boules de fort. En 2002, après 31 ans passés à La Poste, Roger s'installe à Morannes et prend la sucession d'un fabriquant de boules qu'il a rencontré deux ans auparavant pendant des vacances. "C'est par amour des machines, du bois que je me suis lancé."

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"J'ai une formation de tourneur-fraiseur. J'ai toujours aimé cela. Et j'ai eu l'occasion,
avec ces boules de fort, de réaliser un rêve.
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Les 12 étapes de la fabrication

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"Pour fabriquer une boule de fort, les anciens partaient d'un morceau de bois entier avec deux encoches de chaque côté, de la largeur du fer. Le cercle était ensuite glissé en force et ils le martelaient pour qu'il se mette bien en forme", rapporte Roger Fasilleau.

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L'originalité de cette boule tient dans le fait qu'elle est méplate avec un côté "faible" légèrement évidé en son centre pour lui enlever du poids. L'autre côte plus lourd porte le nom de "fort". Leur diamètre doit être compris entre 123 et 127mm ; leur épaisseur ne doit pas dépasser 100mm et leur poids moyen est de 1,3kg avec une tolérance de 100g. Matériau : bois (cormier, gayac, buis ou frêne) ou plastique.
La fabrication de ces boules se résume en douze étapes :
- Cliquez sur les photoss pour les agrandir -

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La plupart des pistes sont maintenant en résine synthétique. Cela oblige une précision de fabrication. Roger Fasilleau travaille au 1/100e.
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